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Galerie dans les égouts de paris

Les égouts parisiens, n’en déplaisent aux parisiens qui n’y voient que de sombres tunnels aux odeurs nauséabondes, sont une des attractions touristiques de la capitale française ! Bien évidemment, après y être entré à hauteur du pont de l’Alma, aucun des 95000 visiteurs annuels n’arpentera totalement les 2 500 km du réseau, mais ils y surprendront peut-être une variété naine de sauterelle…

Petite histoire d’égouts

Ce sont les Romains qui construisirent les premiers égouts, au niveau du boulevard Saint-Michel. Mais il fallut attendre Philippe Auguste, vers 1200, pour que le principe réapparaisse avec des rigoles d’écoulement au milieu des rues nouvellement pavées. Un peu moins de deux siècles plus tard, rue Montmartre était construit le premier égout voûté et maçonné.

Ce n’est ensuite que vers 1850, sous la houlette du Baron Haussmann, que Eugène Belgrand mis en place un chantier d’assainissement à l’origine du réseau d’égouts actuel. L’ingénieur Belgrand et le préfet Haussmann font alors de Paris l’une des villes les plus modernes au monde avec notamment des galeries en sous-sol de toutes les rues.

Rapidement, tandis que les égouts se déversent dorénavant dans la Seine au niveau de Clichy, on installe un système de décantation et d’épandage afin d’éviter une pollution trop importante du fleuve. Quelques années plus tard, en 1930, les premières usines d’épuration font leur apparition.

Le réseau parisien s’est depuis complété et développé. Leur longueur a été multipliée par plus de 100 en deux siècles : passant de 23 km au début du XIXe à 600 km en 1878, puis à 1000 km fin XIXe et enfin à près de 2 500 km aujourd’hui.

 

Tout à l’égout !

Les égouts collectent et évacuent les eaux de ruissellement et les eaux usées sur le territoire de la ville de Paris.

C’est un réseau unitaire et gravitaire.

Unitaire parce que eaux de pluie et eaux usées (provenant principalement des activités humaines) sont évacuées ensemble dans les mêmes tuyaux.

Gravitaire car le réseau fonctionne essentiellement grâce à la gravité, c’est-à-dire sans pompes.

Des équipes d’égoutiers entretiennent et inspectent chaque portion au moins deux fois par an. Outre l’éventuelle présence d’un crocodile (comme en 1985), les eaux pluviales représentent un danger par leur volume d’eau supplémentaire très important. Elles peuvent en effet saturer les canalisations et provoquer des inondations. A titre d’exemple, lors d’un violent orage, le débit dans les égouts peut atteindre 300 m3/s, soit le débit moyen de la Seine.

En cas de problème, soit on utilise des déversoirs d’orage (dans la Seine), soit on stocke en amont avec l’aide de trois tunnels-réservoirs et de huit bassins d’une capacité globale de 833 200 m3.

Le plus récent de ces tunnels, le tunnel Ivry-Masséna (TIMA), est le plus grand réservoir d’eaux pluviales d’Europe. Creusé à 30 mètres, long de près de 2 kilomètres et avec un diamètre de près de 7 mètres, il peut stocker à lui-seul 80 000 m3 d’eau.

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