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Apollinaire (1880-1918), un poète de Paris

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine » : ce vers est célèbre autant que son auteur. Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm de Kostrowitzky, est considéré comme l’un des poètes français les plus importants du début du 20ème siècle. « Le Pont Mirabeau » est le deuxième poème du recueil « Alcools » paru en 1913. Ecrit après sa rupture avec la peintre Marie Laurencin, il est l’un des textes les plus célèbres d’Apollinaire.

D’un pont naît un poème

 Apollinaire et Marie Laurencin parcouraient souvent la Seine en passant par le pont Mirabeau.

Ce pont, imaginé par Paul Rabel, responsable des ponts de Paris, assisté des ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby, a été construit par l’entreprise de BTP Daydé & Pillé entre 1893 et 1896.

Ce chef d’œuvre de Paris relie les quartiers d’Auteuil et de Passy à ceux de Javel et de Grenelle. Devenu emblématique des couples amoureux, il inspira le poète après sa rupture avec Marie Laurencin, avec laquelle il aimait déambuler.

Le poème constitue une métaphore lyrique sur la fuite du temps et de l’amour. Il continue de susciter de nombreux sujets de commentaires composés en classe de 1ère

Le pont Mirabeau, composé successivement de quatre quatrains et de quatre distiques est dans sa composition, proche d’une chanson. Il a d’ailleurs été mis en musique et chanté par Serge Reggiani, Léo Ferré. C’est un poème qui a été écrit au début de l’époque contemporaine, d’où les vers libres et l’absence de ponctuation.

De la rupture amoureuse à la poésie

Le poème est basé sur une grande métaphore, celle de l’eau qui passe et se renouvelle sous le pont qui évoque le temps passé, les jours qui s’écoulent.

« L’amour s’en va comme cette eau courante ». Le pont parisien est devenu un symbole du présent, l’eau revient du passé et part vers un futur, tandis que le narrateur dépourvu d’amour, n’y peut rien :  il reste là face à son destin. La vie lui parait alors longue « comme la vie est lente », « passent les jours et passent les semaines ».

Et, au-delà, on peut voir dans la Seine qui coule sous ce pont, un Paris qui vit et dont l’histoire défile…

Poème :

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure

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