Dans Histoire

La place de l’église Saint-Pierre, à Montmartre, conserve un caractère très « village », propre à l’ancien Paris.

Au 15ème siècle, seulement quelques maisons étaient occupées par des laboureurs, des vignerons, des meuniers, cotoyant une abbaye de Bénédictines. Il s’agissait bien d’un village, avec une douzaine de moulins pour approvisionner Paris (les moulins de la butte Montmartre, très ventée). Avec ses vignes aussi : aujourd’hui, on y fête toujours les vendanges, mais seulement quelques pieds de vigne servent à la récolte.

Au 16ème siècle, Ignace de Loyola, fondent un Ordre, avec ses compagnons, approuvé par le Pape en 1540 : la Compagnie de Jésus (les Jésuites), logée dans un prieuré s’élevant autour d’un cloître. S’y installe aussi, en 1686, la « Communauté de Bénédictines des Dames de Montmartre ».

L’église Saint-Pierre devient l’église paroissiale du village à côté de la place du Tertre. Jusqu’à la Révolution, le terroir de Montmartre dépend de l’abbaye qui touche les redevances de la part de ses habitants.

Au 18ème siècle, les Parisiens y installent des maisons de campagne et des « folies », lieu d’amusement, de danse et de rencontres. Elles occupent les pentes, au nord, vers Clignancourt et, au sud, vers Paris.

A la Révolution, Montmartre compte 400 habitants. L’abbaye est vendue à des maçons et des carriers en 1794. Les bâtiments sont démolis et le sol exploité pour le gypse. Dans les années 1840, le terrain de l’abbaye, remblayé, accueille des constructions neuves, qui donnent lieu à de nouvelles rues :  rues Antoinette (aujourd’hui rue Yvonne-Le-Tac), Gabrielle, Berthe et rue des Trois Frères.

Un grand lieu d’artistes parisiens

Les boulevards de Clichy et Rochechouart délimitent alors Montmartre et constituent des artères de divertissement bon marché par rapport à l’intérieur de Paris, comme par exemple les Grands Boulevards. Les bals de l’Elysée-Montmartre et de la Boule Noire se sont créés au début du 19ème siècle.

La Bonne Franquette, célèbre restaurant de la Place du Tertre, est à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème un rendez-vous d’artistes : Pissarro, Aristide Bruant, Sisley, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Renoir, Monet, Zola… s’attablent au jardin après l’ascension de la Butte… qui constitue un grand moment sportif.

Suzanne Valadon et Utrillo, résidant à l’angle de la rue des Saules et de la rue Cortot, les rejoignent. Le Père Tanguy, qui vend les couleurs aux peintres, y monte à pied depuis la rue Clauzel pour rencontrer les artistes.

Vincent Van Gogh lui-même visite souvent le 54 rue Lepic où réside son frère Théo. Il y peint en 1886 son célèbre tableau « La Guinguette ».

Photo@Wikipédia

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Showing 2 comments
  • Philippe BIORD
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    Parisien dans l’âme, j’habite à présent au bout du monde !

  • Philippe BIORD
    Répondre

    J’aurai tant aimé connaitre ce Paris d’antan. J’ai quand même eu la chance de prendre le Métro avec des rames vertes et d’autres rouge, et le poinçonneur dans sa petite guérite, qui faisait : des petits trous toujours des petits trous !

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