Dans Histoire

Les noms des stations du métro parisien sont toujours une belle occasion de découvrir l’histoire de la capitale sous un autre angle.

Le métro donne une leçon d’Histoire de France : personnalités, batailles, événements marquants… autant d’éléments de notre passé commémorés sur une ligne de métro ! Mais souvent, plus personne ne se souvient de la raison qui fait que telle station porte tel nom.

Le quartier des poissonniers de Paris

Par exemple, la station Poissonnière tient son nom de la rue du Faubourg Poissonnière qu’elle coupe en son milieu. Cette rue est l’une des six voies du nord de la capitale à être en lien avec le poisson. Du nord au sud, on retrouve en effet l’avenue de la Porte-des-Poissonniers, la rue des Poissonniers, la villa Poissonnière, la rue du Faubourg-Poissonnière, le boulevard Poissonnière et enfin la rue Poissonnière.

Le fait est que, pendant plusieurs siècles, c’est par cette voie que les poissons et fruits de mer étaient transportés jusqu’au marché central de Paris : les Halles. Ces derniers arrivaient, depuis l’embouchure de la Manche ou la mer du Nord, au port de Saint Denis, situé au niveau de l’actuelle Île Saint-Denis. Pour éviter d’avoir à faire le tour de la boucle de la Seine, le poisson était débarqué au nord de la capitale et acheminé vers le chemin des Poissonniers.

La première mention de ce chemin date du début du 14ème siècle. Nos rues actuelles ont conservé cet héritage maritime et ont donné à la station de métro Poissonnière son nom qui nous rappelle cette époque où les poissons transitaient quotidiennement vers les Halles.

Les stations Cadet et Glacière

Au 17ème siècle, la rue Cadet s’appelait rue de la Voirie. Les frères Cadet, deux jardiniers de renom, récupéraient les ordures qui jonchaient cette rue pour fertiliser les sols de leurs cultures maraîchères. Grâce à ce fumier d’excellente qualité, ils ont pu faire fortune en revendant leur production à tous les meilleurs restaurants de la capitale !

La station Glacière a une origine surprenante. Ouverte en 1906, elle était autrefois sur la ligne 5 du métro qui reliait l’Etoile à la Gare du Nord. Elle conduisait les habitants au hameau de la Glacière qui était traversé par une rivière aujourd’hui disparue, La Bièvre. Une fois l’hiver venu, le cours d’eau gelait et formait de la glace. On y pratiquait le patin à glace, et certains ont eu l’idée d’utiliser cette glace découpée en pain.

Elle était entreposée dans des puits maçonnés de 5 à 12 mètres de profondeur. On la conservait entre des couches de paille pour la faire durer. Ainsi, toute l’année, ces “glacières” fournissaient de la fraîcheur aux parisiens. Vendue par des crieurs, elle servait à la confection de glaces et sorbets ou à rafraîchir les boissons de la haute société.

Picpus, un nom parisien bien étrange

On raconte une étonnante légende derrière le nom de la station Picpus.

Au 16ème siècle, une petite communauté d’habitants installée non loin de Paris, à l’emplacement actuel du quartier Picpus (12ème arrondissement) est touchée par une épidémie : de petites tumeurs rouges et blanches, similaires à des piqûres de moustique ou de puce, se manifestent et provoquent de terribles démangeaisons sur les mains des femmes et des enfants.

Témoin de cette mystérieuse maladie, un religieux, possédant quelques notions de médecine, décide d’aider les habitants : il applique sur les mains des malades quelques gouttes d’un onguent parfumé. Le lendemain, toutes les femmes et les enfants ayant reçu ce mystérieux traitement sont guéris. On crie immédiatement au miracle… mais l’homme rectifie rapidement la vérité. Son traitement n’a rien de miraculeux, il ne s’agit que d’un remède contre les puces qui infestent le village ! Le religieux est alors surnommé “Pique-Puce”.

Quelques années plus tard, il fait venir plusieurs moines qui forment un nouvel établissement, spontanément appelé le “monastère de Pique-Puce”. Le temps faisant, le petit hameau se serait lui aussi approprié le nom de Pique-Puce, simplifié au fil des années en Picpus. Légende ou histoire ? Le fait est que rue de Picpus se trouve des couvents, le cimetière de Picpus où repose le général La Fayette, le siège des Petits Frères des Pauvres …

Photo@Wikipédia

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